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Le groundhopping, c'est quoi ?

Publié le 21 août 20264 min de lectureRead in English

Le groundhopping consiste à visiter le plus de stades de football différents possible, en comptant chaque nouveau stade une fois qu'on y a vu un match. Le groundhopper se déplace autant pour l'enceinte et l'ambiance que pour l'affiche, quitte à traverser plusieurs pays et plusieurs divisions dans une même saison.

La plupart des supporters suivent un club. Le groundhopper suit les stades. L'affiche compte toujours — personne ne se déplace pour rien — mais ce qu'on collectionne, c'est l'enceinte : une nouvelle tribune, un nouveau virage, de nouveaux projecteurs, une foule dans laquelle on n'a jamais mis les pieds.

C'est un loisir sans fédération, sans règlement officiel et sans définition unique. Ce qu'il a, en revanche, c'est un ensemble de conventions sur lesquelles les supporters se sont accordés au fil des décennies, et une culture particulièrement accueillante pour les nouveaux.

D'où vient le groundhopping

On fait généralement remonter la pratique aux supporters britanniques et allemands, qui tenaient des listes écrites des stades visités et se les échangeaient via des fanzines bien avant qu'Internet ne rende la chose facile. C'est le terme allemand Groundhopping qui s'est imposé, et on l'emploie aujourd'hui tel quel en français, en anglais, en italien ou en espagnol.

Ce qui a tout changé, c'est le transport bon marché et les calendriers en ligne. Un loisir qui signifiait autrefois un train jusqu'au département voisin veut désormais dire, couramment, un week-end dans un autre pays, calé autour de deux ou trois coups d'envoi qui ne se chevauchent pas.

Ce qui compte vraiment comme un stade

C'est la question sur laquelle tout groundhopper finit par débattre, généralement au bar, généralement longuement. La base commune est simple : un stade est fait quand on y a vu un match officiel, en personne, depuis l'intérieur de l'enceinte.

Tout ce qui dépasse cette base est discuté. Un match amical compte-t-il ? Et une visite guidée sans match ? Un stade depuis reconstruit ? Il n'y a pas de bonne réponse, seulement celle qu'on applique de manière constante à sa propre liste.

Les règles non écrites

Le groundhopping fonctionne parce que les groundhoppers sont des invités. Presque toutes les conventions du milieu découlent de cette seule idée.

  • Tu es de passage chez quelqu'un d'autre. Les gens autour de toi viennent depuis trente ans ; toi, tu es là pour quatre-vingt-dix minutes.
  • Adapte-toi à la tribune où tu es assis. Porter les couleurs de l'équipe visiteuse dans une tribune domicile est le moyen le plus rapide de transformer une belle journée en mauvaise.
  • Renseigne-toi sur les règles locales avant d'arriver, pas au tourniquet. Ce qu'on peut faire entrer, la nécessité d'une pièce d'identité, la transmissibilité du billet : tout varie selon le club et le pays.
  • Photographie le stade, pas les gens. Tribunes, projecteurs et vues sur la pelouse, sans problème ; les supporters, les stadiers et la police, en général non.
  • Dépense sur place. La boutique, la buvette, le bar du coin. C'est la façon la moins chère d'être un bon invité.
  • Ne traite pas le football amateur comme une curiosité. Un stade de dixième division, c'est toute la saison de quelqu'un.

Pourquoi les gens font ça

Pose la question à dix groundhoppers, tu auras dix réponses, mais elles tournent souvent autour de trois.

La première, c'est la collection : le plaisir simple et lisible d'un chiffre qui monte et d'une carte qui se remplit. La deuxième, c'est la variété — un mardi soir en huitième division n'a rien à voir avec une phase de groupes de Ligue des champions, et faire les deux dans la même semaine est un vrai privilège. La troisième, celle qu'on cite en dernier mais qu'on pense le plus fort : c'est un prétexte. Un prétexte pour découvrir une ville qu'on n'aurait jamais réservée, avec un rendez-vous fixe au milieu.

Comment se lancer

  1. Compte ce que tu as déjà fait. Presque tout le monde est surpris du nombre de stades déjà au compteur une fois qu'on y réfléchit sérieusement.
  2. Décide de tes règles de comptage, et note-les quelque part où tu ne les perdras pas.
  3. Choisis un stade proche que tu n'as jamais fait — même ville, ou à un train de là. Le premier déplacement volontaire doit être facile.
  4. Va voir un match amateur avant d'aller voir une affiche. C'est moins cher, le billet est plus simple, et ça t'apprend à quel point ce loisir ne parle pas que de football.
  5. Seulement ensuite, prépare un déplacement à l'étranger, où les billets, le transport et les horaires doivent tous s'aligner en même temps.

Le loisir passe aussi bien à petite échelle qu'à grande. Pas besoin de passeport, de budget ni de tableur pour commencer — il te faut un stade où tu n'es pas encore allé.

Questions fréquentes

Le groundhopping, c'est quoi ?

Le groundhopping consiste à visiter le plus de stades de football différents possible, en comptant chaque nouveau stade une fois qu'on y a vu un match. Le groundhopper se déplace autant pour l'enceinte et l'ambiance que pour l'affiche.

Le groundhopping concerne-t-il uniquement le football ?

Non. Le mot est surtout associé au football, mais le même loisir existe dans d'autres sports à culture de stade, comme le hockey sur glace, le baseball ou le rugby. Les conventions sont globalement les mêmes : on compte l'enceinte, on vient en invité, on applique ses règles de façon constante.

Combien de stades faut-il pour parler de groundhopping ?

Il n'y a pas de seuil. Le groundhopping se définit par l'intention — se déplacer pour voir une nouvelle enceinte plutôt que de suivre un seul club — et non par un chiffre. Quelqu'un avec douze stades et un plan est groundhopper ; quelqu'un avec soixante stades faits par hasard ne l'est pas forcément.

Faut-il voyager à l'étranger pour être groundhopper ?

Non. La plupart des groundhoppers font l'essentiel de leurs stades à quelques heures de chez eux, dans les divisions inférieures de leur propre pays. Les déplacements internationaux sont la partie visible du loisir, pas l'essentiel.

Le groundhopping coûte-t-il cher ?

Pas nécessairement. Le football amateur est peu coûteux à regarder et facile d'accès, et c'est là que se trouvent la majorité des stades. Le coût vient du transport et de l'hébergement plutôt que du loisir lui-même : des déplacements calés sur des endroits où tu vas déjà restent bon marché.

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