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Carnet, tableur ou app : tenir le compte de ses matchs

Publié le 21 août 20264 min de lectureRead in English

Les groundhoppers consignent leurs matchs de trois façons : un carnet papier, un tableur ou une app dédiée. Le carnet traverse les décennies mais ne sait pas compter ; le tableur calcule tout mais exige de la discipline ; l'app supprime l'effort au prix d'une dépendance à un service géré par quelqu'un d'autre.

Tout groundhopper finit par rencontrer le même problème : le souvenir d'un match reste net environ deux ans, puis se brouille. Dans quelle tribune étais-tu pour ce déplacement ? C'était 2-1 ou 3-1 ? Ce stade, tu l'as vraiment fait, ou tu avais seulement prévu d'y aller ?

Il existe trois réponses, et la position honnête est que les trois fonctionnent. Ce qui diffère, c'est ce que chacune te coûte et ce qu'elle te rend.

Le carnet

La méthode la plus ancienne, et celle qui a le meilleur argument affectif. Un carnet accueille les billets, les billets portent le stade et la date, et l'ensemble survivra à tous les changements technologiques des quarante prochaines années sans migration, sans abonnement et sans batterie.

Ce qu'il ne sait pas faire, c'est de l'arithmétique. Un carnet ne te dira jamais combien de stades tu as faits, dans quel pays tu en as le plus, ni si tu es déjà allé quelque part. Chaque question impose de relire tout le cahier. Au-delà d'une cinquantaine de matchs, cela devient réellement impraticable, et c'est pourquoi la plupart des adeptes de longue date finissent par tenir un index à la fin — moment où ils ont réinventé une base de données, en moins bien.

C'est aussi un objet physique unique. Il n'y a pas de sauvegarde.

Le tableur

La méthode à laquelle arrivent seuls la plupart des groundhoppers sérieux, généralement quand le carnet cesse de tenir la charge.

Un tableur répond à toutes les questions qu'on peut se poser. Nombre de stades, matchs par pays, buts par match, écart entre la première et la deuxième visite d'une même enceinte : tout est à une formule de distance. C'est gratuit, ça s'exporte, et personne ne peut te le retirer ni en changer les conditions.

Le coût, c'est la discipline. Chaque match est une saisie manuelle : deux clubs, une date, une compétition, un stade, un score, une tribune. Le faire dans le train du retour est facile ; le faire trois semaines plus tard de mémoire n'est pas fiable ; ne pas le faire du tout est ce qui arrive généralement. Un tableur ne vaut que la version la moins motivée de toi-même.

L'app

Une app dédiée échange du contrôle contre de l'effort. Son intérêt, c'est qu'elle connaît déjà la rencontre : tu identifies le match, et le stade, la compétition, la date et le score viennent avec, au lieu d'être tapés.

Cela compte plus qu'il n'y paraît. Si la plupart des archives meurent, ce n'est pas parce que les gens s'en désintéressent, c'est parce que consigner un match est une petite corvée qui tombe précisément au moment où l'on est fatigué et en déplacement. Supprimer la corvée, c'est l'essentiel du combat.

L'inconvénient honnête, c'est la dépendance. Une app est le service de quelqu'un d'autre : elle peut changer, devenir payante ou fermer. C'est un risque réel et c'est la bonne raison d'être sceptique envers n'importe laquelle — la nôtre comprise.

Comment choisir

  • Si tu vas à quelques matchs par an et que les billets comptent pour toi comme objets, prends un carnet.
  • Si tu aimes la donnée elle-même et que tu la tiendras vraiment à jour, prends un tableur. Rien ne le bat en souplesse.
  • Si tu as déjà abandonné deux systèmes, prends une app. Ton problème est la friction, pas l'outil.
  • Si tu veux les deux, prends une app qui exporte — le tableur devient alors un téléchargement plutôt qu'une seconde corvée.

Quel que soit ton choix, note ces champs

C'est la partie qui survit à la méthode. Des archives qui ne retiennent que le score ne valent presque rien dix ans plus tard.

  1. Date, les deux clubs, compétition.
  2. Le nom du stade tel qu'il s'appelait ce jour-là — les noms changent, et c'est l'ancien qui ravivera le souvenir.
  3. Le score final.
  4. La tribune ou le secteur où tu étais. Universellement le premier détail oublié et le plus regretté.
  5. Match officiel ou amical, pour que tes règles de comptage restent vérifiables.
  6. Une ligne sur la journée elle-même. Dans dix ans, c'est la seule partie que tu reliras.

Migrer sans rien perdre

Si tu changes de méthode, procède dans cet ordre : saisis d'abord les entrées les plus anciennes, tant que le carnet ou l'ancien fichier est encore ouvert à côté de toi, et avance vers le présent. Ceux qui commencent par les matchs récents se lassent avant d'atteindre les premiers, qui sont précisément les souvenirs les plus menacés.

Et avant de t'engager sur un système numérique, vérifie que tu peux en ressortir tes données. L'existence d'un export est la question la plus utile à poser sur un outil auquel tu t'apprêtes à confier dix ans de ta vie.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure façon de suivre les matchs auxquels on a assisté ?

Il existe trois méthodes viables : un carnet papier, un tableur ou une app dédiée. Le carnet conserve les billets mais ne sait pas compter ; le tableur répond à toutes les questions mais exige une saisie manuelle constante ; l'app supprime l'effort mais dépend de la pérennité du service.

Quelles informations noter pour chaque match ?

La date, les deux clubs, la compétition, le nom du stade tel qu'il s'appelait ce jour-là, le score final, la tribune où tu étais, le caractère officiel ou amical de la rencontre, et une ligne sur la journée. La tribune est le détail qu'on oublie en premier et qui manque le plus.

Un tableur suffit-il pour le groundhopping ?

Oui, à condition de le tenir à jour. Un tableur répond à toutes les questions qu'on peut poser à ses archives, ne coûte rien et ne peut pas t'être retiré. Son seul point de rupture est la discipline, puisque chaque match est une saisie manuelle.

Pourquoi utiliser une app plutôt qu'un tableur ?

Parce que la plupart des archives meurent de friction plutôt que de désintérêt. Une app qui identifie la rencontre à ta place supprime la saisie au moment précis où tu es fatigué et en déplacement, c'est-à-dire quand les tableurs cessent d'être mis à jour.

Que vérifier avant de confier son historique à une app ?

Vérifie que tu peux exporter tes données. Toute app est le service de quelqu'un d'autre et peut changer ou fermer : la possibilité de récupérer ses archives est la question la plus importante avant d'y engager des années d'historique.

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